dimanche 30 janvier 2011

De gros travaux de restauration du Temple XX de Palenque

L'archéologue Elaine Schele, spécialiste du site chiapanèque de Palenque, lançait il y a quelques mois un appel désespéré sur les réseaux sociaux : plusieurs édifices du site, classés pourtant au Patrimoine de l'Humanité, souffrent des conditions climatiques destructrices de la jungle et seraient voués à une destruction à moyen terme. Son appel a-t-il été entendu ? A première vue oui, si on considère la récente annonce par l'INAH de la restauration du Temple XX. Il semblerait que la plus autorité (consultative) de l'INAH, à savoir le Conseil National d'Archéologie, ait souhaité notamment conserver le Temple XX de Palenque, dont l'intégrité physique était sérieusement menacée.

Le Temple XX est l'une des plus anciennes constructions découvertes à Palenque :  situé au sud-est du Groupe des Croix, il a été bâti durant le Classique ancien (période allant de 430 et 600 de notre ère).

Le Temple XX compte en outre la présence d'une chambre funéraire, situé à 5,5 m sous le niveau du temple supérieur. Il fut découvert en 1999 et  les fouilles  dirigées par Merle Greene Robertson et Alfonso Morales jusqu'en 2003 ont révélé un mode d'enterrement différent des sarcophages de Janaab' Pakal et de la Reina Roja, situés respectivement sous la Pyramide des Inscriptions et le Temple XIII. Dans le cas de la chambre du Temple XX, le corps fut déposé directement sur le sol et des peintures murales recouvraient les parois. comme le montre cette vidéo. Le mobilier funéraire a permis de dater l'enterrement vers 550.

L'INAH a mis un diaporama à la disposition du public, donnant une idée des travaux effectués pour sauver le contexte funéraire précédemment décrit entre août et décembre 2010. Pour en savoir plus sur la tombe de la Reine Rouge, vous pouvez retrouver quelques vidéos sur le site de Discovery Channel. Veillez juste à ne prendre pour acquis les interprétations très libres proposés par ce documentaire, notamment sur l'identité de cette femme.

Néanmoins, l'archéologue Edwin Angulo Torres, chargé de restaurer et consolider le Temple, a déjà annoncé une seconde campagne de travaux pour cette année pour prendre en charge la façade est du monument. En 2005, le Temple XX avait déjà subi une première restauration, les fouilles étant achevées.

Références bibliographiques :
Larios Villalta, R. "El Templo XX de Palenque : un rompecabezas especial". Disponible en ligne le 30 janvier 2011 sur : http://www.mesoweb.com/palenque/features/larios/TXXes.html .
Palenque Project. Site disponible le 13 février 2011 sur : http://www.mesoweb.com/palenque/current_dig.html .
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jeudi 27 janvier 2011

2e conférence magistrale : La Pirámide del Sol: arquitectura monumental

Après l'inauguration par Eduardo Matos Moctezuma de ce cycle de conférences la semaine passée, Alejandro Villalobos et Ruben Cabrera Castro sont longuement revenus sur l'architecture de la Pyramide du Soleil, à Teotihuacan. L'INAH a diffusé cette conférence en streaming. Aujourd'hui nous vous proposons de visionner les cinq parties de cette intervention sur la chaîne INAHTV.

Nous avons naturellement ajouté cette conférence parmi les vidéos cataloguées sur notre propre chaîne Youtube. Vous pourrez la playlist complète en cliquant sur le titre de cette note.

Commençons par les commentaires éclairés mais parfois un peu longs d'Alejandro Villalobos.



Continuons avec la présentation de Ruben Cabrera Castro, une des mémoires vivantes de l'archéologie teotihuacaine.



La dernière partie de cette conférence comporte les questions du public aux deux locuteurs.



Bon visionnage !
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Retour de la pierre tombale de Pakal sous le Temple des Inscriptions de Palenque

L'INAH fait grand cas et communique sur le retour de la pierre qui fermait le sarcophage de Pakal à Palenque. Au total, il aura fallu 40 heures de manoeuvre pour remettre cette pierre aux dimensions imposantes (2,20 m de large sur 4,60 de long et une masse de 7 tonnes).

Découverte il y a plus de 58 ans, la tombe de Pakal par l'archéologue Alberto Ruz Lhuillier est encore comparée à son homologue égyptienne de Touthankamon. La plaque qui fermait la sépulture du souverain maya avait été levée alors pour permettre l'étude de ses restes. Le Consejo Nacional de Arqueologia a décidé  en effet de sceller de nouveau la tombe de Pakal.

D'autre part, la note publiée sur le site de l'INAH et disponible en cliquant sur le titre de notre publication est complétée de différents outils multimédias. En effet, on peut retrouver un diaporama des travaux, une infographie téléchargeable en format .pdf et une petite vidéo visible sur Youtube.


L'information a été reprise par de nombreux médias mexicains (La Jornada, Televisa, Artdaily, etc.).

Référence :
Tiesler, V. & A. Cucina (2004). Janaab' Pakal de Palenque. Vida y muerte de un gobernante maya. Mexico : Universidad Autonoma de Mexico ; Merida : Universidad Autonoma de Yucatan.

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mardi 25 janvier 2011

Los pueblos indigenas hoy 6

Et voici le sixième volet de cette série de débats consacrés aux peuples indigènes mexicains à notre époque. Vendredi dernier, les intervenants ont évoqué largement deux aspects fondamentaux des cultures indigènes, expressions de leurs langues : la musique et la littérature.

Nous vous proposons de voir ces vidéos, disponibles par ailleurs sur la chaîne INAHTV, que vous connaissez déjà. Les intervenants s'expriment dans leur langue maternelle respective, à savoir le nahuatl, le mixe, sous-titré en espagnol. Bref, si l'accès à ce débat peut paraître complexe pour un non-hispanophone, il n'en demeure pas moins très intéressant.







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samedi 22 janvier 2011

Steve Radzi en exposition

The US artist Steve Radzi will expose his drawings of Mayan archaeological sites at the Jazz radio station. Let's remember Steve plays jazz too. So if you live in Miami or will have a stay there, go to see Steve's job. You'd better reserve your tickets to go to the exhibition...





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jeudi 20 janvier 2011

Primera Conferencia magistral : 100 años de investigaciones en Teotihuacan

Pour inaugurer le cycle de conférences magistrales, l'INAH a fait fort : c'est la première qu'elle transmettait en streaming la première d'entre elles. Le thème en était le Centenaire de l'ouverture de la Zone Archéologique de Teotihuacan, suite aux nombreuses années de fouilles entreprises par Leopoldo Batres, alors Inspecteur général des Monuments historiques.

Nous vous proposons de rassembler les quatre parties de cette conférence à laquelle a participé Eduardo Matos, narrant les différentes visites et explorations qu'a connues Teotihuacan depuis le 16e siècle jusqu'à notre époque. 


Bon visionnage !







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mardi 18 janvier 2011

Vers un retour temporaire de la coiffe de Moctezuma ?

C'est que pense savoir le quotidien Milenio sur son site internet dans une note qui ravive la polémique. L'histoire de la coiffe de Moctezuma est alambiquée, trouble et compliquée. Elle est au coeur d'un imbroglio politico-culturo-diplomatique entre le Mexique, lieu où il a été conçu et l'Autriche où il est gardé, à la Bibliothèque Nationale de Vienne, pour être précis.

Les autorités autrichiennes auraient récemment indiqué qu'elles seraient favorables à un retour de l'objet mais de manière temporaire. Jusqu'à présent, elles s'y étaient opposé, arguant que la coiffe était fragile et ne saurait être conservée dans des conditions optimales. Au Mexique, on peut voir une copie de cette coiffe monumentale dans la salle mexica du Museo Nacional de Antropologia. Elle fut d'ailleurs récemment intégrée à l'exposition Moctezuma, au Museo del Templo Mayor. L'argument du manque d'installations adéquates pour accueillir l'objet et le conserver n'a plus lieu d'être : combien d'objets (en tissu ou en vannerie) sont quotidiennement conservés dans des conditions optimales.
Néanmoins, histoire de s'assurer du retour de cette coiffe en terre de Mozart, les autorités diplomatiques et culturelles ont proposé qu'en échange leurs homologues mexicaines envoient le carrosse doré de l'empereur Maximilien Ier du Mexique, membre de l'ancien famille régnante des Habsbourg et une autre pièce mexicaine. De bonne guerre, pourrait-on dire.
Les réactions mexicaines sur cet hypothétique retour au bercail sont souvent passionnées et contradictoires. Depuis des dizaines d'années, cette coiffe est devenu le symbole d'un nationalisme mexicain attaché à certains symboles préhispaniques. Bon nombres de Mexicains estiment qu'il s'agit d'un vol, à l'instar du Dr Zawi Hawass lorsqu'il évoque le cas des antiquités égyptiennes gardées au British Museum ou au Musée du Louvre.

D'autres estiment que ce retour serait éminemment politique pour le parti qui réussirait à le récupérer. Ils préféreraient que le gouvernement actuel s'attèle à résoudre des problèmes nationaux (lutte contre les trafiquants de drogue, corruption...) plus importants que le rapatriement d'un objet dont une très grande majorité ne connaît l'histoire exacte.

Nous nous garderons bien d'entre dans ce jeu, même si par le passé, nous avons pris parfois des positions politiques extrêmement marqués. Il me semble, comme bon nombre de personnes le pressentent, que le retour de cet artefact serait un moyen de satisfaire l'ego de beaucoup de Mexicains et d'occulter tous les problèmes liés à la préservation du patrimoine mexicain, sachant que les autorités fédérales ne mettent pas les moyens économiques et humains nécessaires à cette tâche immense.

Références bibliographiques complémentaires.
Rojas Urrutia, Carlos. 
2008. "La disputa por el penacho de Moctezuma". In El Universal [en ligne] du 19/11/2008, disponible le 16/01/2011 sur : http://www.eluniversal.com.mx/notas/556636.html.

s.a.
2011. "El penacho de Moctezuma podria regresar a México. In Milenio [en ligne] du 16/01/2011, disponible le 16/01/2011 sur : http://www.milenio.com/node/622949.

[Edition du 23 janvier 2011. Suite à un communiqué repris le quotidien mexicain Milenio,  l'INAH et le ministère mexicain des affaires étrangères annonce leur volonté de collaborer avec les autorités autrichiens pour répondre à leur proposition d'échanges. Il semblerait donc que la fameuse coiffe dite de "Moctezuma". Cette annonce semble laisser circonspecte les réactions des lecteurs du quotidien : d'autres problèmes sont prioritaires à l'organisation de cet échange temporaire".]
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lundi 17 janvier 2011

Los pueblos indigenas hoy 5

Les fêtes sont passées et on peut de nouveau profiter de la diffusion de la série de débats "Los pueblos indigenas de hoy" sur TVUNAM, d'ailleurs le programme, bien que tronçonné en cinq morceaux, est également visible sur INAHTV, chaîne de Youtube. Cette semaine, le thème du débat était : "El patrimonio biocultural de los pueblos indígenas de México". Nous vous proposons de voir ces vidéos sur notre compte Youtube, via une playlist, ou bien ici même. Bon visionnage !





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dimanche 16 janvier 2011

Arqueologia Mexicana n°107

L'édition de janvier-février est traditionnellement en retard, certainement à cause des fêtes de décembre. Curieusement le sommaire du numéro est en effet visible depuis au moins une semaine sur le site de la revue.

Je ne ferai pas de compte-rendu in extenso de ce dernier numéro et concentrerait mon attention sur les articles les plus marquants. Ce point de vue peut paraître subjectif et arbitraire. Mais il répond à la nécessité impérieuse de passer à des tâches et des projets personnels qui requièrent plus de temps et de concentration. Qui plus est, j'avais proposé un petit résumé de l'article rédigé par Fauvet-Berthelot et Lopez Lujan il y a quelques jours.

J'ai particulièrement apprécié la mise à jour de l'article de Lopez Austin et Lopez Lujan sur les tepetlacalli. Sur suggestion d'Alberto Peralta, les deux anthropologues proposent une description complète d'une petaca en pierre conservée dans une chapelle de Coyoacan. Elle renforce ainsi les éléments iconographiques et les interprétations qui en ont été faites.

D'autre part, on apprend la découverte d'un masque de serpentine incrusté de pyrite et de plusieurs offrandes sous la Pyramide du Soleil, à Teotihuacan. L'invention est à mettre sur le compte de l'équipe d'archéologues dirigé par Alejandro Sarabia. Ce qui surprend, c'est la forme du visage, si différente des autres masques teotihuacains connus jusqu'à présent. Se démarquant de traits stéréotypés des autres masques, les archéologues estiment qu'il pourrait s'agir d'un portrait. Cette information n'est pas apparue sur le site de l'INAH. Il aurait été intéressant d'avoir plus de détails sur des fouilles qui ont débuté l'été dernier et s'intéressent à des zones qui ont été fouillés il y a presque 80 ans par Eduardo Noguera.

Le dossier principal propose un parcours sur l'apparition et le développement des centres urbains en Mésoamérique. Cette thématique alléchante nous renvoit à la publication d'une série en cours, dirigée par E. Matos Moctezuma : la série Ciudades du Fondo de Cultura Economica et du Colegio de México. Quatre ouvrages sont à présent disponibles : Tenochtitlan, Monte Alban, Paquimé, Teotihuacan et El Tajin, dernier ouvrage en date. On a donc presque l'impression d'avoir affaire à des publi-reportages pour cette collection, dont le contenu et les objectifs sont pourtant plus qu'honorables. D'ailleurs la section bibliographiques de la revue présentent quatre des cinq volumes édités jusqu'à maintenant.

Vers la fin de la revue, on peut lire ENFIN un article à valeur de petit rapport sur les nombreuses découvertes faites par l'équipe de Bruce Bachand et Lynneth Lowe sur le site chiapanèque de Chiapa de Corzo. Je dis enfin car, jusqu'à présent, les informations dont nous disposions étaient celles proposées sur le site de l'INAH. Egalement auteurs de ce papier, Bachand et Lowe reviennent sur les influences olmèques largement perceptibles à Chiapa de Corzo. En s'appuyant sur différents artefacts de style olmèques (hache de serpentine gravée, sculpture en céramique de style baby face...), ils établissent des liens fort entre Chiapa de Corzo et La Venta, au Tabasco. L'article compte différents infographies sur les tombes mises au jour sous le monticule 11.

L'INAH a décidé de faire concurrence au magazine Mexico Desconocido et propose à partir de ce mois une série de guide de tourisme archéologique. Les deux premiers numéros propose une visite des sites de Palenque et de Tulum, en particulier, des états du Chiapas et du Quintana Roo en général. Ce nouvel outil vise évidemment les touristes en goguette dans les états les plus visités du pays par les touristes étrangers. Un bémol cependant : il aurait mieux voulu publier ce genre d'ouvrage dans d'autres langues car bon nombre de touristes savent lire l'espagnol.

Pour consulter le sommaire complet de ce numéro 107, vous pouvez pointer le titre de cette note ou ici. Achevons cette note en signalant le dossier du numéro 108 qui sera sans aucun doute passionnant, car peu traité : "restauration et archéologie : l'art de sauver l'art". Tout un programme.
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samedi 15 janvier 2011

Les cultures antiques du Veracruz à Saint Romain en Gal

Situé à une trentaine de kilomètres de Lyon, le musée archéologique de Saint Romain en Gal-Vienne est plutôt spécialisé dans les cultures romaines et gallo-romaines. Cependant la direction du musée a eu la bonne d'organiser une exposition temporaire sur les cultures préhispaniques du Veracruz. Le musée rhôdanien a pu bénéficier des experts muséographiques de l'INAH pour organiser la présentation au public de deux cents pièces datées entre le Préclassique ancien et l'arrivée des Espagnols, reflétant ainsi l'éventail de cultures à fortes traditions (Olmèques, Huastèques et Totonaques).

L'exposition aura lieu du 18 février au 28 avril prochains. Les jours et horaires d'ouverture du Musée archéologique de Saint Romain en Gal sont disponible directement sur le site du Musée. Curieusement aucune information sur l'exposition n'a été publié sur ce même site. Il vous en coûtera seulement 4€ en plein tarif et 2,5€ en tarif réduit (étudiants, chômeurs, groupes)...

Si vous êtes lecteur de ce carnet et pensez visiter cette petite exposition, merci de nous contacter, nous serions très contents de publier vos photos et de les commenter. Cette exposition est proposée dans le cadre de l'année du Mexique en France.

Rappelons qu'au moins deux autres expositions parisiennes seront prochainement ouvertes au public à Paris, les deux sur les Mayas. La première s'intitule "Visages du Divin. Les mosaïque de pierre" et se tiendra à la Pinacothèque de Paris à partir du 21 février prochain  jusqu'en août prochain. L'autre sera visible au Musée du Quai Branly, du 21 juin au 2 octobre 2011 et aura pour thème "Mayas : de l'aube au crépuscule". Pour l'heure, les sites internet des trois musées ne proposent aucune information complète sur ces événements.
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jeudi 13 janvier 2011

Un artiste saint-quentinois en terres mexicaines.

Il y a des coïncidences qui ne trompent pas.  Édouard Henri Théophile Pingret était un peintre originaire de Saint Quentin, dans l'Aisne (tout comme votre serviteur). De famille bourgeoise, Pingret a été formé à l'école de Jacques-Louis David, à Paris au début du 19e siècle.

Daguerrotype d'Edouard Henri Théophile Pingret, sans date, ni auteur.
Disponible le 13 janvier 2011 sur : 

Mais notre origine picarde et notre intérêt pour le Mexique (au point d'y vivre) semble là être les seuls points commun. C'est en tout cas ce que je peux en déduire quand je lis ce très bel article à quatre mains de Marie-France Fauvet-Berthelot et Leonardo López Luján : "La Piedra del Sol ¿en París?". Consultable partiellement sur le site de la revue Arqueologia Mexicana, ce papier nous montre également la manière dont certains explorateurs, artistes ou autoproclamés chercheurs ont pu causer plus de mal à ce pays en exploitant son patrimoine à des fins commerciales.

En fouillant dans une partie de sa correspondance inédite et retrouvée à la Réunion des Musées Nationaux, Fauvet-Berthelot et López Luján ont notamment découvert que Pingret avait un projet de Musée des antiquités mexicaines pour le Louvre. Nombre de ses lettres ont d'ailleurs été rédigées durant son séjour sur le sol mexicain, entre 1850 et 1855. D'autres furent envoyées entre 1863 et 1866. C'est d'ailleurs durant ce séjour que Pingret accumula plus de 2000 pièces en bois, métal et céramiques. Malheureusement pour lui, la plupart se sont révélés être des faux. Les auteurs soulignent également cette ironie de l'histoire : Pingret était persuadé de pouvoir acquérir des artefacts préhispaniques à bon prix car les Mexicains ne s'intéressaient guère à leur histoire !

Le musée d'antiquités mexicaines du Louvre inaugurée en 1850, Pingret proposa aux autorités la fabrication et le moulage de trois grands monolithes : la Pierre du Soleil, celle de Tizoc et la Coatlicue, toutes trois conservées actuellement au Museo Nacional de Antropologia à Mexico. Malheureusement pour différentes raisons, le projet ne vit pas le jour.

Pingret sut saisir une nouvelle opportunité lors de l'Intervention française au Mexique. Apprenant par la presse mexicaine l'état de conservation de la Pierre du Soleil, il décida de monter un projet de sauvetage dont la finalité peut nous paraître surprenante : utiliser la présence de l'armée française pour transporter le fameux monolithe jusqu'au port de Veracruz et l'envoyer en France pour qu'il y soit conservé.

L'idée de Pingret ne fut heureusement pas soutenue par le gouvernement français de Napoléon III. Qui plus est, l'empereur Maximilien, soutenu par le même Napoléon III, avait demandé la création d'un nouveau musée d'histoire où la Pierre du Soleil jouerait un rôle prépondérant. L'admnistration impériale mexicaine fit tout pour faire obstacle à cette idée, en dépit de l'instabilité politique du pays. Maximilien de Habsbourg, bien qu'autrichien, était parfaitement conscient de la valeur de ce monolithe. La commission scientifique napoléonienne put seulement compter sur des moulages effectués par Louis-Eugène Méhédin. Dans la débâcle française, Méhédin revint avec ses moulages dont certains furent exposés au Musée de l'Homme jusqu'en 2009.

Nous avons trouvé cet article de caractère historiographique particulièrement révélateur. Il donne également une image positive de l'empereur Maximilien. L'histoire officielle actuellement enseignée aux jeunes Mexicains n'insiste pas sur ce profond respect de Maximilien pour le passé préhispanique et comment il souhaitait le mettre à la disposition de la population.  Quant aux artistes saint-quentinois, je préfère me contenter de Quentin de la Tour ou d'Henri Martin.

En complément à cet article, vous pouvez voir les oeuvres de Pingret sur le site du Louvre en cliquant directement sur ce lien.
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Colloque Sociétés mayas millénaires : crises du passé et résilience

Dans le cadre de l'exposition "Mayas, de l'aube au crépuscule", le Musée du Quai Branly sera le siège les 1er et 2 juillet prochains d'un colloque intitulé "Sociétés mayas millénaires : crises du passé et résilience". Ce colloque sera organisé par Marie-Charlotte et Richard Hansen. Un programme préliminaire des participants est disponible sous forme de document word en cliquant sur ce lien.

Des noms prestigieux sont attendus : Arthur Desmarets, William Saturno, Alfonso Lacadena, David Freidel de l'University of Texas, Hector Escobedo, ministre de la culture du Guatemala, Stephen Houston, Philippe Nondédéo...

Jeudi 30 juin (musée du quai Branly, salle de cinéma)
18h30: Conférence inaugurale par Prudence M. Rice (titre à déterminer)

Vendredi 1er juillet (Théâtre Claude Lévi-Strauss)
Paroles d’ouverture
SESSION 1 (9h30-13h): RETOUR SUR LE “COLLAPSE” DU CLASSIQUE TERMINAL

1- Arthur A. Demarest
The Eighth Century Western Peten Economic and Political Transformation and its Failure: Implications for the Collapse of Classic Maya Civilization

2- Mélanie Forné, Chloé Andrieu, Arthur A. Demarest, Paola Torres, Claudia Quintanilla,
Ronald L. Bishop, Olaf Jaime Riveron
Crisis y cambios en el Clásico Tardío: los retos económicos de una ciudad entre Tierras Altas y Tierras Bajas mayas

3- Erick Ponciano, Takeshi Inomata & Daniela Triadan
El abandono de Aguateca

4- Takeshi Inomata & Daniela Triadan
El Período Clásico Terminal en Ceibal

5- Andrés Ciudad Ruiz Alfonso Lacadena García Gallo Jesús Adánez Pavón & Mª Josefa Iglesias Ponce de León
Crisis y supervivencia en Machaquilá, Petén, Guatemala

6- Cristina Vidal Lorenzo & Gaspar Muñoz Cosme
La crisis de La Blanca en el Clásico Terminal


SESSION 2 (15h-18h30): CRISES ET STRATEGIES D’ADAPTATION - A

1- Edgar Suyuc Ley & Richard Hansen
El complejo piramidal La Danta, ejemplo del auge en El Mirador, Peten, Guatemala

2- Bárbara Arroyo
Comprendiendo los inicios de la complejidad social en la Costa del Pacífico y Altiplano de Guatemala

3- Francisco Estrada-Belli
The Preclassic Collapse of Cival and the longue durée of Maya Civilization in the Holmul region, Guatemala.

4- Milan Kovac
Crecimiento y colapso de la ciudad antigua de Uaxactún

5-William Saturno, Boris Beltrán, Patricia Rivera, Luis Romero, Franco Rossi & Jonathan Ruane
Del Preclásico tardío al Clásico temprano: cambios, continuidades, y nuevos hallazgos en la región San Bartolo-Xultún

6- Liwy Grazioso & Vernon L. Scarborough
The Wet and the Dry: water management and the built environment at Tikal

Samedi 2 juillet (Théâtre Claude Lévi-Strauss)

SESSION 3 (9h30-13h): CRISES ET STRATEGIES D’ADAPTATION - B

1- Vilma Fialko & Gabriel Hurtarte
El juego de pelota maya en el Noreste de Peten, Guatemala: implicaciones sociopolíticas y rituales en un caso de cambio y continuidad.

2- M-Charlotte Arnauld, Eva Lemonnier, Mélanie Forné, Edy Barrios, Didier Galop & Jean-Paul Métailier
The rise and fall of a secondary polity, La Joyanca (Guatemala)

3- David Freidel, Hector Escobedo & Juan Carlos Melendez
El Peru-Waka…..(non encore reçu)

4- Marcello A. Canuto & Tomás Barrientos Q.
La Corona And Lowland Maya Political Organization: The Case For Ancient Debates

5- Philippe Nondédéo
Naachtun….. (non encore reçu)

6- Stephen Houston, Edwin Roman, Thomas Garrison, Timothy Beach, Sheryl Luzzadder-Beach, Zachary Hruby, Jose Luis Garrido, Elizabeth Marroquin, Nicholas Carter, James Doyle & Melanie Kingsley
All Solids Dissolve: change, crisis, and continuity in the El Zotz Region, Guatemala


SESSION 4 (15h-19h30)
LA LONGUE DUREE, ARCHAEOLOGIE ET ETHNOHISTOIRE DE LA RESILIENCE

1- Christa Schieber de Lavarreda & Miguel Orrego Corzo
Tak’alik Ab’aj, la ciudad “puente” entre la cultura olmeca y maya: 1700 años de historia y su permanencia hasta la actualidad.

2- Oswaldo Chinchilla Mazariegos & Sébastien Perrot-Minnot
En Busca del Tiempo Perdido: Arqueología de la Memoria en Cotzumalguapa, Guatemala

3- Juan Antonio Valdés
Trastorno y Extinción en Kaminaljuyu: el fin del Preclásico

4- Raquel Macario & Marie A. Fulbert
Q’umarkaj, dialogo entre la arqueologia y la etnohistoria en el tormento del Posclásico

5- Gustavo Palma Murga
Los pueblos mayas en Guatemala: una larga y constante lucha de resistencia por su sobrevivencia

6- Alain Breton
(non encore reçu)

TROIS DISCUTANTS: Claude Baudez, Pierre Becquelin & Steve Hugh-Jones

Paroles de Clôture: Richard Hansen

Surprise

Rappelons que lors de l'exposition Teotihuacan en 2009-2010 au MQB, une série de colloques et de rencontres avait été proposée au public afin de compléter l'information dont il bénéficiait pendant sa visite. Mais on notera l'influence toute cyrulnikienne sur la capacité des sociétés mayas à survivre à l'extermination à travers le temps. Nous vous tiendrons informés de l'évolution de l'organisation de cet événement lors des prochains mois.
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mercredi 12 janvier 2011

Nouvelles découvertes à Tamtoc, San Luis Potosi

Sur le site de l'INAH, on apprend que les archéologues du Centro INAH de l'état de San Luis Potosi ont mis à jour les ossements de sept corps dans un contexte archéologique assez complet sur le site huastèque de Tamtok (ou Tamtoc selon les graphies en vigueur). Différents restes d'aliments ont en effet été retrouvés : ils permettront de compléter nos connaissances sur le régime alimentaire et les rites mortuaires des anciens habitants de Tamtok.

Situés à l'intérieur de la Structure 1, ces restes osseux semblaient appartenir à des gens appartenant à l'élite qui dirigeait le site tout au long de l'époque postclassique : des coquillages de l'océan pacifique, des perles de cuivre, de  coquillages et de pierre verte (originaire du Guatemala). Des fragments de textile ont été mis au jour et seront soumis à analyse : ils avaient servi à emmailloter le corps et avaient été peints ou teints de rouge, bleu, jaune et blanc. La Structure 1 a d'ailleurs été restaurée. Longue de 60 mètres et large de 30 mètres, elle semble avoir servi de résidence pour les personnes qui y ont été retrouvées.

L'année 2010 a été particulièrement bonne pour les chercheurs de Tamtok : six sculptures monumentales, un atelier de lapidaire et de sculpture, deux importantes canalisations longues de 15 mètres situées sur le site voisin de Laguna de los Patos ont pu être fouillés, restaurés et inventoriés. Cordova Tello s'est notamment chargé de l'exploration de la Structure C3 qui permettra au visiteur d'avoir une vision panoramique sur la Laguna de los Patos.

Les travaux de médecine légale et d'anthropologie physique entrepris sous la direction de Patricia O. Hernández Espinoza ont apporté leur part de révélations sur les 38 squelettes découverts en 2009 dans la zone de la Noria. On y apprend que les individus étudiés souffraient principalement de deux pathologies graves : la tuberculose vertébrale et le pian (article pian sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pian_%28m%C3%A9decine%29), une infection cutanée qui peut atteindre les tisseux osseux. Ces deux maladies provoquaient des déformations qui donnaient un statut privilégié aux individus qui en souffraient. A la différence de nos sociétés occidentales souvent enclines à considérer comme paria ces malades, les sociétés préhispaniques les considéraient comme des êtres spéciaux et leur offraient un lieu qui leur correspondait lorsqu'il fallait les enterrer. Des individus de tous âges (5 à 39 ans) et des deux sexes reçurent ainsi leur sépulture.

Nous conclurons cette petite note en nous souvenant qu'il y a un peu plus d'un an, Guy Stresser-Péan nous quittait en laissant la difficile tâche d'interpréter et de comprendre mieux Tamtok. Ces successeurs poursuivent dignement son œuvre.

Références bibliographiques :

"Descubren entierros que revelan costumbres huastecas". Boletines INAH, publié le 11/01/2011. Retrouvé le 11/01/2011 de http://www.inah.gob.mx/index.php/boletines/14-hallazgos/4812-descubren-entierros-que-revelan-costumbres-huastecas .

Stresser-Péan, Guy et Claude Stresser-Péan.
2001. Tamtok, sitio arqueológico huasteco: Su historia, sus edificios. Tomo I. Consejo Nacional para la Cultura y los Artes - CONACULTA, Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos - CEMCA, El Colegio de San Luis, Instituto de Cultura de San Luis Potosí, Instituto Nacional de Antropología e Historia - INAH, Mexico.

2005. Tamtok, sitio arqueológico huasteco: Su vida cotidiana. Tomo II.Consejo Nacional para la Cultura y los Artes - CONACULTA, Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos - CEMCA, El Colegio de San Luis, Instituto de Cultura de San Luis Potosí, Instituto Nacional de Antropología e Historia - INAH, Mexico.
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dimanche 9 janvier 2011

De l'adjectif "aztèque" et des dissensions dans l'AAA

Nous avons déjà évoqué le travail du Dr. Michael Smith, archéologue responsable du Projet Calixtlahuaca et professeur à l'Université d'Arizona. C'est également un féru de publications en ligne : auteur de deux carnets, il présente régulièrement, non sans humour, les vicissitudes de ses recherches comme celle de la Recherche anthropologique (avec une majuscule, s'il vous plaît) aux Etats-Unis.

Deux de ses dernières notes ont récemment attiré notre attention. La première propose une réflexion sur le terme "aztèque". Smith se distingue de la définition communément admise de ce terme et montre qu'il peut s'appliquer aux habitants de Calixtlahuaca, pour peu qu'on soit un peu ouvert d'esprit et qu'on cesse d'utiliser exclusivement le terme aztèque pour désigner les habitants de Tenochtitlan. Par le passé, certains chercheurs avaient tenté d'établir une différenciation entre les termes "mésoaméricain", "mexica", "nahua" et "aztèque". Graulich donne une limite temporelle et géographique à cet adjectif  : il estime qu'il peut être appliqué aux différents "peuples qui vécurent au Mexique central pendant la période Postclassique récent (soit de 1200 environ à 1521) ou firent partie de l'empire créé par les Mexicas" (1987: 13). Dans sa note, Smith précise que  le terme "aztèque" n'est certainement pas très en usage avant l'arrivée des Espagnols. Mais il se rapproche de Graulich en plaisantant sur le titre de son ouvrage publié chez Blackwell.

Dans son carnet d'aide à la publication scientifique, Smith revient longuement sur les querelles de clochers au sein de la prestigieuse AAA (acronyme d'American Anthropological Association, et nom d'une fameuse association qui aide à devenir sobre). On y apprend ainsi le diktat des anthropologues dits "socioculturels" sur d'autres branches de cette discipline comme l'anthropologie physique ou l'archéologie. Ce type de raisonnement, auquel nous ne sommes pas vraiment familiers, nous fait réfléchir sur la matière propre de ce carnet. Il nous est tout bonnement impossible de la hiérarchiser dans la mesure où, pour étudier et interpréter l'homme, il nous faut consulter une multitude de couleurs qui vont s'additionner pour former la lumière d'une idée. Cette dernière métaphore d'optique étant, la vision des responsables de l'AAA semble plus que réductrice et ostracisante, faisant de l'archéologie une simple banque de données...

Ressources :
Graulich, Michel. 

1987. Mythes et rituels du Mexique ancien préhispanique. Classe de Lettres, Académie Royale des Lettres, Bruxelles.

Smith, Michael. 
2003. The Aztecs. Series: "The Peoples of America", Blackwell Publishers, Oxford. (2e édition).

2011. "The Aztecs at Calixtlahuaca". In Calixtlahuaca Archaeological Project (blog), retrouvé le 9 janvier 2011 sur http://calixtlahuaca.blogspot.com/2011/01/aztecs-of-calixtlahuaca.html.


2011. "American Anthropologist implies that archaeology is not part of anthropology". In Publishing archaeology (blog), retrouvé le 9 janvier 2011 sur http://publishingarchaeology.blogspot.com/2011/01/american-anthropologist-implies-that.html.
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lundi 3 janvier 2011

Tout Torquemada (ou presque) en ligne !

L'Instituto de Investigaciones Antropologicas de la UNAM a commencé la mise en ligne des 21 livres de Monarquia Indiana, le long ouvrage rédigé par Fray Juan de Torquemada. Ce texte, en dépit de certaines erreurs commises par son auteur, demeure une source importante d'informations pour les anthropologues.
Nous reproduisons ci-dessous la liste des liens menant vers chacun des six volumes actuellement disponibles en format .pdf. Idéal à feuilleter sur votre liseuse électronique. Si vous utilisez votre ordinateur (de bureau ou portable), je ne saurai trop vous recommander d'installer le logiciel PDFXviewer. Il ouvre plus rapidement les documents qu'Acrobat Reader et vous permet d'ajouter des commentaires, de surligner, copier, couper, coller, etc. En cliquant sur chaque lien, vous pourrez d'ailleurs télécharger directement chaque fichier.
Le volume VII sera prochainement disponible. D'autres fichiers (préliminaires, annexes, etc.) sont également présentés. En tout cas, c'est l'intention de l'IIA. Saluons cette belle initiative de diffusion et de divulgation au public en général. A vous d'en profiter...

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Et un aéroport à la noix, un !

Si vous cliquez sur le titre de cette note, vous serez redirigé vers une dépêche publié sur le quotidien en ligne El Universal. On y apprend que des fouilles de sauvetages vont prochainement commencer sur la Riviera maya, près de Tulum. Elles sont le préalable nécessaire à la construction d'un futur aéroport qui se chargera de vomir des touristes en mal de soleil et de tourisme culturel à bon marché (pour l'heure si on prend en compte les velléités inflationnistes de la gouverneure du Yucatan).

Comme vous l'aurez compris, nous dénonçons vigoureusement ce projet. La Riviera maya dispose déjà de deux aéroports. Le premier est à Cancun, capitale économique du Quintana Roo, le second à Chetumal, la capitale administrative du même état. Sans compter l'aéroport de Mérida à quelques 3 heures de Cancun par autoroute...

Voilà comment les autorités locales et fédérales, après des promesses mielleuses lors du Sommet sur le climat en octobre dernier, font feu de tout bois et participent à la destruction des écosystèmes et du patrimoine culturel de la nation mexicaine... C'est tout simplement écœurant ce qu'on peut faire pour l'argent et la création massive d'emplois sans penser au développement durable...

Si vous avez la flemme de remonter vers le titre de cette note, cliquez sur ce lien pour retrouver l'information complète sur le site d'El Universal.
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